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732-808 de l’hégire) (1332-1406 de J. C.) - старонка 29

ouéli), de ces gens à qui Dieu a donné la science infuse 4 et les connaissances divines. Les personnes prédestinées au bonheur éternel jouissent de cette percep­tion tant qu’elles restent dans les limbes 1.

Les âmes de la troisième classe sont créées avec la faculté de pou­voir se dégager tout à fait de la nature humaine, de sa corporéité et de sa spiritualité, afin de s’élever jusqu’à la nature angélique de la sphère supérieure, où elles deviennent effectivement anges, mais seulement pendant un clin d’œil. En ce moment, elles aperçoivent la Compagnie sublime (les anges) dans la sphère qui les renferme, et elles entendent, pendant ce court instant, les paroles de l’âme (univer­selle) 2 *178 et la voix de la divinité. Telles sont les âmes des prophètes, auxquels Dieu a départi la faculté de se délivrer de la nature humaine pendant un instant de temps. C’est dans cet état qu’ils reçoivent la révélation, Dieu les ayant créés avec un naturel qui les y prédispose. Afin qu’ils puissent se dégager des obstacles et des empêchements dont le corps les entoure, tant qu’ils restent dans la condition hu­maine, Dieu a établi dans leur nature une pureté de mœurs, un sentiment de droiture qui les porte vers la spiritualité ; il a im­planté dans leur caractère un esprit de piété qui les retient toujours dans cette voie et les conduit au but de leurs désirs. Par ce genre d’affranchissement (qui délivre l’âme des influences du corps), ces hommes se dirigent à volonté vers le monde spirituel, faveur qu’ils doivent, non pas à leurs mérites acquis ni à des moyens artificiels, mais au caractère inné qu’ils tiennent de leur créateur. En se p.203 dépouillant des langes de l’humanité, ils vont trouver la Compagnie sublime et en recevoir des communications. Chargés de ce dépôt, ils retournent vers le domaine de la nature humaine, et le rapportent, comme une révélation venue d’en haut, au milieu des influences mondaines, afin de le communiquer aux hommes 3. La révélation arrive, tantôt comme le bourdonnement d’un discours confus ; le prophète en saisit les idées et, à peine a t il cessé d’entendre le bourdonnement, qu’il a su par cœur et compris le message ; tantôt l’ange qui lui communique la révélation paraît sous la forme d’un homme afin de lui parler ; et ce qu’il dit, le prophète le retient par cœur. La communication faite par l’ange, le retour du prophète dans le domaine de l’humanité et son acte de comprendre ce qui lui a été révélé, tout cela se passe dans un seul instant de temps, instant plus court qu’un clin d’œil. En effet ces événements arrivent en dehors du temps et simultanément ; aussi les révélations paraissent se faire très vite, et voilà pourquoi on les a désignées par le mot de ouahi, qui, en langue arabe, signifie se hâter.

Faisons observer que la première manière de communiquer un message divin, celle qui consiste en un bourdonnement, n’est em­ployée qu’envers les personnes qui tiennent le rang de prophète *179 sans avoir à remplir les fonctions d’apôtre. C’est là un principe que l’on regarde comme bien établi. La seconde manière, celle où un ange se présente sous la forme d’un homme qui parle, convient au grade de ceux qui sont en même temps prophètes et apôtres ; elle est donc plus parfaite que la première. L’idée que nous exprimons ici se retrouve dans le récit par lequel notre prophète donna des explica­tions à El-Hareth Ibn Hicham. Celui-ci ayant demandé comment la révélation lui arrivait, Mohammed répondit : « Elle me vient tantôt comme le bourdonnement d’une cloche, ce qui me fatigue beaucoup, et, lorsqu’elle me quitte, j’ai retenu ce qu’on m’a dit. Tantôt l’ange prend la figure d’un homme pour me parler, et je retiens ce qu’il p.204 dit. » La première manière lui paraissait très fatigante, parce que, dans ce contact avec le monde spirituel, c’était pour la première fois que la puissance, chez lui, passa à l’acte. Donc il éprouva un certain degré d’oppression, et, pour cette raison, lorsqu’il fut rentré dans le domaine de l’humanité, il ne reçut plus les communications divines excepté par la voie de l’audition. De l’autre manière, il aurait éprouvé de trop grandes souffrances. Quand on a reçu des révéla­tions plusieurs fois, on supporte plus facilement le contact du monde spirituel ; rentré ensuite dans le domaine de la nature humaine, on se rappelle toutes ces communications, et surtout la portion la plus claire, c’est à dire les choses qu’on a vues.

Dans l’explication donnée par le Prophète, on a remarqué une grande finesse d’expression : il emploie d’abord 1 le verbe retenir 2 en lui donnant la forme du prétérit ; puis il le répète sous la forme du présent. Voulant figurer au moyen de la parole les deux manières par lesquelles les révélations lui arrivaient, il en assimile la première à un bourdonnement, ce qui est bien différent d’un discours, comme chacun le sait ; puis il ajoute que l’acte de comprendre la révélation et de la confier à sa mémoire se faisait après que ce bruit avait cessé. Pour indiquer que la cessation était arrivée, il emploie le prétérit du verbe, et avec raison, vu que cette forme convient à ce qui est passé et fini. En décrivant la seconde manière, il nous représente l’ange sous la forme d’un homme qui parle, et il nous dit qu’à mesure qu’il entend ce discours il l’apprend par cœur. Ici l’emploi du présent con­vient *180 parfaitement bien, parce que cette forme du verbe indique que l’action peut continuer.

De quelque façon qu’un prophète reçoive une révélation, il éprouve un sentiment d’oppression et de souffrance, fait que Dieu lui-même a indiqué par ces mots du Coran (sourate LXXIII, verset 5) : « Nous allons t’adresser une parole accablante. » Aïcha rapporte qu’une fa­tigue extrême était une des souffrances que Mohammed éprouvait en p.205 recevant une révélation. Elle a dit aussi : « Une révélation descendit sur lui un jour qu’il faisait très froid, et, lorsqu’elle eut cessé, son front fut baigné de sueur. » C’est à la même cause qu’il faut attri­buer ce que nous savons de l’absence d’esprit qu’on remarquait en lui et des gémissements qu’il poussait pendant qu’il était dans cet état. Pour expliquer ces phénomènes, il faut se rappeler le principe que nous venons d’établir, savoir, que la révélation se fait de la manière suivante : l’âme du prophète se détache de la nature humaine pour s’élever jusqu’au domaine angélique, où elle entend la parole de l’âme (universelle) ; or un sentiment de douleur doit avoir lieu toutes les fois qu’une essence quitte son état essentiel et s’en dépouille, afin de pouvoir sortir de sa sphère et s’élever jusqu’à une autre. Voilà ce que signifie l’étouffement dont parlait Mohammed en dé­crivant la première époque de la révélation. « Il m’étouffa, disait il, au point que je fus excédé de douleur ; puis, il me lâcha en di­sant : Lis. » Je répondis : « Je ne sais pas lire. » Et ceci eut lieu encore deux fois, ainsi que nous le savons par la tradition. En subissant une oppression à plusieurs reprises, on s’y habitue graduel­lement, de sorte que la douleur paraît légère, en comparaison de celle qu’on éprouvait d’abord. Voilà pourquoi les passages du Co­ran, sourates et versets, qui furent révélés au Prophète pendant qu’il était à la Mecque sont plus courts que ceux qu’il reçut ensuite à Médine.

Voyez, par exemple, ce qu’on raconte au sujet de la manière dont la sourate de la Renonciation (la IXe) fut révélée, pendant l’expédi­tion de Tebouk 1. Il la reçut, en totalité ou en grande partie, pen­dant qu’il voyageait, monté sur sa chamelle, après avoir quitté la Mecque. Auparavant, il n’avait eu communication que de certaines sourates courtes, comprises maintenant dans le Mofassel 2 et qui lui venaient, un morceau d’abord, et la suite plus tard. Le verset de p.206 *181 la Religion 3, dont la longueur est assez considérable, fut le dernier qu’il reçut à Médine. Avant cette époque, il avait reçu à la Mecque les versets 4 (très courts) qui composent les sourates intitulées : le Misé­ricordieux (LVe), les Éparpillantes (LIe), l’Enveloppé (LXXIVe), la Mati­née (XCIIIe), le Sang coagulé (XCVIe), etc. Dans ce fait, on trouve un moyen de distinguer les sourates et versets révélés à la Mecque de ceux qui furent révélés à Médine. C’est Dieu qui dirige vers la vé­rité. Voilà le sommaire de ce qui concerne le prophétisme.

Passons à la divination. Cette faculté appartient aussi à l’âme hu­maine. En effet, tout ce que nous venons d’exposer fait comprendre que l’âme humaine est portée, par une disposition naturelle, à se dégager de l’humanité, afin de pouvoir se transporter dans un état supérieur, celui de la spiritualité. C’est ainsi que les hommes de la classe des prophètes ont une disposition innée qui leur permet de jeter un regard momentané sur le monde spirituel. Nous avons dit que cela ne leur arrive pas à cause des mérites qu’ils auraient pu acquérir, et qu’ils ne le doivent ni aux perceptions des sens, ni aux efforts de l’imagination, ni aux actes matériels, soit paroles, soit mouvements, ni à aucun autre moyen. C’est uniquement l’opération de l’âme, qui, par suite d’une disposition innée, se dépouille de la nature humaine pour se revêtir de celle des anges, et cela pendant un instant plus court qu’un clin d’œil. Puisqu’il en est ainsi, et que cette disposition appartient réellement à l’humanité, on doit ad­mettre, en faisant une distinction rationnelle, qu’il existe dans le monde une autre classe d’hommes dont le rang, comparé avec ce­lui des prophètes, est comme l’imperfection mise en regard de son opposé, la perfection. En effet, ne pas employer des moyens pour atteindre la perception (du monde spirituel) est tout à fait l’opposé de l’emploi de moyens pour y parvenir. Entre ces deux cas il y a une grande différence. Donc, par la distinction des êtres en catégories, nous apprenons que ce monde renferme une classe d’hommes p.207 tellement organisés par la nature 1, que leur puissance intellectuelle se laisse agiter par la faculté de la pensée et par un effet de la volonté, toutes les fois que cette puissance est excitée par le désir de pénétrer dans le monde spirituel. Mais, comme elle est par sa nature trop faible pour y parvenir, et que cette faiblesse est un obstacle à son *182 progrès, elle s’attache, par une impulsion naturelle, aux moyens secondaires, dont les uns appartiennent au domaine des sens et les autres à celui de l’imagination. Parmi ces moyens nous remarquons les corps diaphanes, les os d’animaux, les discours cadencés 2, les au­gures fournis par les oiseaux ou par les quadrupèdes. Ici, la faculté sensitive ou celle de l’imagination s’emploie avec persistance 3, afin de dégager l’âme de la nature humaine. Pour atteindre ce but, l’âme prend pour guides, soit les sens, soit l’imagination. La puissance qui, chez cette classe d’hommes, mène au premier degré de la perception qu’ils cherchent à obtenir, s’appelle divination. Or, chez ces hommes, l’âme est placée, par sa nature, dans un degré d’infériorité qui ne lui permet pas d’atteindre la perfection ; elle comprend moins facilement les universaux que les particuliers ; aussi s’attache t elle 4 à ceux ci plutôt qu’aux premiers. Pour cette raison, la puissance imaginative existe chez elle dans toute sa force 5. C’est l’instrument qui agit sur les (idées) particulières et les transperce de part en part, soit pen­dant le sommeil, soit pendant la veille. Si (les particuliers) se trou­vent prêts et présents (dans l’âme), l’imagination en reproduit les formes et sert de miroir dans lequel (l’âme) ne cesse de regarder.

Le devin ne peut pas atteindre d’une manière complète à la per­ception des choses intellectuelles, car la révélation qu’il reçoit vient des démons. Pour arriver au plus haut degré d’inspiration dont il est p.208 capable, il doit avoir recours à l’emploi de certaines phrases qui se distinguent par une cadence et un parallélisme particuliers. Il essaye ce moyen afin de soustraire son âme aux influences des sens et de lui donner assez de forces pour se mettre dans un contact imparfait (avec le monde spirituel). Cette agitation (d’esprit), jointe à l’emploi des moyens extrinsèques dont nous avons parlé, excite dans son cœur (des idées) que cet organe exprime par le ministère de la langue. Les pa­roles qu’il prononce alors sont tantôt vraies, tantôt fausses. En effet, le devin, voulant suppléer à l’imperfection de son naturel, se sert de moyens tout à fait étrangers à sa faculté perceptive et qui ne s’ac­cordent en aucune façon avec elle. Donc la vérité et l’erreur se présentent à lui en même temps ; aussi ne doit on mettre aucune confiance en ses paroles. Quelquefois même il a recours à des sup­positions et à des conjectures dans l’espoir de rencontrer la vérité et *183 de tromper ceux qui l’interrogent.

C’est aux gens qui (pour s’exciter l’esprit) emploient des sedjâ 1 qu’appartient spécialement le titre de devin, car ils occupent le rang le plus élevé parmi les hommes de cette classe. Le Prophète a dit, au sujet d’un chant de ce genre, « Voilà un sedjâ de devin » ; indiquant ainsi, par la détermination du génitif, que l’emploi des sedjâ est particulier aux devins. Lorsqu’il interrogea Ibn Saiyad 2 afin de con­naître la nature de l’inspiration qui venait à cet homme, il lui dit : « Comment cela vous arrive t il ? » L’autre répondit : « Il me vient un être véridique et un être menteur. » — Alors, lui répliqua le Pro­phète, ce que vous recevez est bien embrouillé ! » Par ces paroles il donnait à entendre que le prophétisme avait la vérité pour ca­ractère distinctif et que la fausseté ne pouvait y entrer en aucune manière. En effet, le prophétisme consiste dans le contact de l’esprit 3 du prophète avec la Compagnie sublime, sans avoir eu un guide p.209 pour le conduire et sans avoir employé aucun moyen extrinsèque. Or, puisque celui qui exerce la divination est obligé, par son inca­pacité naturelle, à employer des moyens extrinsèques fournis par l’imagination, et que ces moyens influent sur 4 sa faculté perceptive et se mêlent 5 même aux perceptions qu’il veut atteindre, il reçoit de ce côté là des impressions tout à fait fausses. On ne saurait donc prendre cela pour du prophétisme.

Nous avons dit que le degré le plus élevé de la divination s’atteint par l’emploi de phrases cadencées, le plus actif de tous les moyens que la vue et l’ouïe puissent fournir, moyen dont la simplicité indique la grande facilité avec laquelle l’esprit peut se mettre en contact avec le monde spirituel, y recueillir des perceptions et sortir, en quelque degré, de son impuissance (naturelle).

On a prétendu que la faculté de la divination n’existe plus depuis la mission du Prophète, ayant été interrompue, un peu auparavant, par l’effet des étoiles filantes que les anges lancèrent contre les dé­mons pour les empêcher d’apprendre ce qui se passait dans le ciel 1, ainsi qu’il en est fait mention dans le Coran (sourate XV, verset 18). Or (disent ils), puisque les nouvelles du ciel ne peuvent arriver à la connaissance des devins que par l’entremise des démons, la faculté de la divination a cessé depuis cette époque. Ce raisonnement n’est *184 pas concluant : les devins tiennent leurs connaissances, non seulement des démons, mais d’eux mêmes, ainsi que nous l’avons dit. Nous ajouterons que ce verset du Coran indique seulement qu’on empêcha les démons d’apprendre une seule d’entre les nouvelles célestes, sa­voir, ce qui concernait la mission du Prophète ; quant au reste, rien n’empêchait ces esprits de le recueillir. D’ailleurs la faculté divina­toire, bien qu’elle ait été suspendue peu de temps avant la mission, a pu reprendre ensuite la même activité qu’auparavant. Cela est d’autant plus probable que tous les moyens d’acquérir des percep­tions (du monde spirituel) perdent leur force pendant la durée de p.210 chaque mission prophétique ; ils s’effacent alors de même que les étoiles et les flambeaux perdent leur lumière en présence du soleil. En effet le prophétisme est le grand luminaire devant lequel les autres luminaires se cachent ou disparaissent.

Quelques philosophes ont enseigné, relativement à la faculté divi­natoire, qu’elle existait réellement avant la mission du Prophète et qu’elle cessa lors de cet événement. Selon eux, le même fait s’était reproduit chaque fois qu’un prophète avait paru dans le monde. La manifestation du prophétisme, disent ils, doit être nécessairement précédée d’une position des astres 2 qui amène cet événement. Chaque fois que la position est parfaite, la faculté prophétique dont elle an­nonce la prochaine manifestation doit être parfaite. Si, dans la po­sition (des astres), il y a de l’imperfection, le même défaut doit se retrouver dans la nature de la faculté qui résulte de cette position. D’après ce que nous avons dit on reconnaît qu’il s’agit ici des devins. Or, ajoutent ils, avant qu’une position parfaite ait lieu, une position imparfaite doit se représenter, et cela a pour résultat l’apparition d’un ou de plusieurs devins. La position parfaite amène un prophète qui est parfait. Si les positions qui indiquent les faits de cette nature cessent d’avoir lieu, aucun de ces résultats n’arrivera plus. Cela est basé sur le principe qu’une position imparfaite (des astres) exerce une influence imparfaite ; mais c’est là une théorie qui n’est pas gé­néralement admise. Il est possible que la position (parfaite des astres) n’exerce son influence que dans des cas exceptionnels 1, et que leur *185 position imparfaite n’amène aucun résultat, n’exerce pas 2 même une influence imparfaite, malgré ce que disent ces philosophes.

(J’ajoute, pour ma part, que) tous les devins contemporains d’un prophète savaient bien que sa parole était la vérité ; ils compre­naient la portée démonstrative de ses miracles, car ils participaient, p.211 dans un certain degré, à la nature prophétique, de même que tous les hommes participent (à la faculté d’obtenir des révélations) par la voie des songes. Mais, sous ce rapport, les perceptions intellectuelles sont plus vives chez les devins. Quand ceux ci n’avouaient pas que le prophète était véridique et qu’ils se laissaient entraîner 3 à le démentir, ils ne faisaient qu’obéir aux suggestions de l’amour propre, qui les portait à croire que cette faculté aurait dû leur appartenir. Ils tom­baient ainsi dans l’obstination, comme le fit Omaïya Ibn Abi ’s Salt, qui espérait devenir prophète. Il en fut de même d’Ibn Saiyad, de Moceïlema 4, et d’autres. Mais, lorsque le triomphe de la vraie foi eut mis un terme à ces vains souhaits, les devins se rallièrent franche­ment à la religion. C’est ce qui arriva à Toleïha ’l-Acedi 5 et à Careb Ibn el Asoued 6. La sincérité de leur conversion est attestée par la bravoure dont ils firent preuve lors des premières conquêtes de l’is­lamisme.

Passons à la vision spirituelle 7. C’est 8 l’acte par lequel l’âme raisonnable aperçoit, dans son essence spirituelle, et pour un seul instant de temps, les formes des événements. L’âme, étant spirituelle par sa nature, doit contenir ces formes en acte, ainsi que cela a lieu pour toutes les essences spirituelles. Pour atteindre la spiritua­lité, l’âme doit se dépouiller de la matière et se dégager des perceptions recueillies par le corps. Cela lui arrive pendant un court instant et par le moyen du sommeil, ainsi que nous l’expliquerons plus loin. Ayant alors recueilli les notions qu’elle recherchait relati­vement aux événements futurs, l’âme rapporte ces connaissances dans p.212 le domaine de la perception. Si ces notions sont faibles et peu claires, elle tâche de les renforcer 1 et de les retrouver en leur donnant une image et une ressemblance dans l’imagination. Pour comprendre le sens de ces images on est obligé d’avoir recours à l’interprétation. Quelquefois ces notions sont tellement vives que l’âme n’a pas besoin de les figurer dans l’imagination. En ce cas, l’emploi de l’interpréta­tion *186 n’est pas nécessaire, de telles perceptions n’ayant pas été affec­tées par l’imagination ni altérées par une reproduction figurée. L’âme jouit de ce coup d’œil passager, parce qu’elle est une essence spiri­tuelle en acte qui se perfectionne par l’influence et par les percep­tions du corps. Cela continue jusqu’à ce que son essence devienne intellect pur et que son existence acquière la perfection en acte. De­venue alors une essence spirituelle, elle peut avoir des perceptions sans l’instrumentalité du corps ; mais le rang qu’elle obtient parmi les êtres spirituels est au dessous de celui des anges, habitants de la sphère sublime, qui ne doivent la perfection de leur essence ni à des perceptions corporelles, ni à autre chose. La disposition dont nous venons de parler se trouve dans l’âme tant que celle ci est (renfermée) dans le corps ; elle est de deux espèces, dont l’une est particulière aux favoris de Dieu, et dont l’autre, plus générale, appartient à l’uni­versalité des hommes. C’est à celle ci que se rattache la vision spi­rituelle (littéral. « les songes »).

Passons au genre de songes qui est particulier aux prophètes. Ces personnages ont une disposition qui leur permet de se dépouiller de la nature humaine afin d’atteindre à la pure nature angélique, qui est la plus exaltée 2 des natures spirituelles. (Cette disposition) se manifeste très souvent chez eux pendant qu’ils sont encore dans l’état (d’extase qui provient) de la révélation, et en rentrant 3 dans le do­maine des sensations corporelles. (Le prophète) recueille alors des perceptions qui ressemblent, d’une manière frappante, à celles que p.213 l’on éprouve pendant le sommeil. Mais l’état de sommeil est bien in­férieur à celui dont nous parlons.

Ce fut à cause de cette ressemblance que le législateur (Mohammed) disait : « Le songe est une des quarante six parties du prophétisme » ; ou, selon une autre leçon, « quarante trois », ou, selon une autre, « soixante et dix ». Aucun de ces nombres n’est employé dans cette tradition pour désigner une quantité déterminée ; ils indiquent seu­lement que les degrés du prophétisme sont très nombreux. A l’appui de cette opinion, on peut rappeler que, chez les Arabes du désert, le terme 2014-07-19 18:44
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