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The taming this édition published by arrangement with the original publisher, Pocket Books, New York - старонка 14

« Quand rouge plus blanc noir égaleront
Quand noir et or s'uniront
Et, avec rouge, se fondront
Alors elle et lui sauront. »


Blottie dans les bras de Rogan, Liana réfléchit
à l'énigme.

Elle le dévisagea.

Il fronça les sourcils.

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Liana tira les couvertures sur ses seins nus et
s'assit dans le lit.

Le beau visage de Rogan refléta sa confusion.

Rogan se redressa d'un bond, suffoqué.

La confusion de Rogan s'accrut.

Liana ravala ses larmes.

Rogan comprit pourquoi il n'avait jamais

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fourni le moindre effort pour saisir les subtilités
de l'esprit féminin.

Exaspéré, Rogan leva les mains au ciel.

Cette fois, elle éclata en sanglots.

Devant un tel spectacle, Rogan n'éprouva tout
d'abord que de la colère. Elle l'accusait, mais de
quoi ? Apparemment, il aurait eu tort de dire ce
qu'il avait dit. Or c'était la vérité, la simple vérité,
et il l'avait clamée pour qu'elle cesse de s'immis-
cer entre ses hommes et lui. Du diable si cela
signifiait quoi que ce soit sur sa beauté ou sur le
désir qu'il avait d'elle ! Ne venait-il pas de prou-
ver à l'instant même à quel point il la désirait ?
Enfer et damnation, il n'avait pas touché une
autre femme depuis deux semaines !

Son courroux était parfaitement justifié.
C'était lui qu'on aurait dû réconforter. Tandis
qu'elle continuait à hoqueter, cependant, quelque
chose en lui s'adoucit. Enfant, il avait pleuré, lui

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aussi, et ses frères s'étaient contentés de rire et
de le battre.

Avec une maladresse qu'il n'avait jamais
éprouvée, il s'assit auprès d'elle sans oser la
toucher.

Elle pleura encore plus fort.

Il ne savait plus par quel bout la prendre. Il
restait là à la contempler. Au bout d'un moment,
il se décida à la soulever et à la serrer contre lui.

Il faillit lui dire que c'était le métier des trouba-
dours d'écrire n'importe quoi pour de l'argent,
mais il eut la sagesse de se retenir à temps.

Liana renifla et leva la tête pour le regarder.

Il caressa sa chevelure blonde.

Il la serra contre lui.

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Pour Rogan, cette confiance était un nouveau
fardeau, une nouvelle responsabilité. Il l'étudia
longuement.

Ce fut au tour de Liana d'être choquée.

Elle lui dédia un sourire éclatant car elle était
convaincue à présent d'avoir eu raison de
l'épouser.

Il s'arrêta.

L'expression de Rogan changea et Liana com-
prit qu'il lui cachait quelque chose.

Rogan alla se planter devant une meurtrière.
Elle s'enveloppa dans une couverture et le suivit.

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Rogan grimaça.

Rogan enfila ses braies.

Elle laissa tomber sa couverture et pressa ses
seins nus contre son torse.

Tout en disant cela, il la serrait très fort contre
lui.

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t'abandonnerai. Si tu me fais du mal — etje sais
avec certitude que cela arrivera souvent —, je
promets de te dire pourquoi je suis en colère.
Plus jamais je ne te refuserai l'entrée de ma
chambre.

Elle se dressa sur la pointe despieds pour l'em-
brasser.

Elle se blottit contre lui et ne vit pas le sourire
qu'il dissimula dans ses mèches blondes. Ils res-
tèrent ainsi un long moment, seuls au monde.

Soudain, il s'écarta, prenant le visage de Liana
entre ses grandes mains.

Ils firent l'amour en prenant tout leur temps.
Encore novice, Liana ne se rendait pas compte

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de l'attention avec laquelle Rogan guettait la
moindre de ses réactions, cherchant à la combler
de plaisir.

Ils demeurèrent longtemps enlacés.

Liana le caressa avec sa cuisse.

Il y eut un choc sur le sol. Immédiatement,
Rogan fit à Liana un bouclier de son corps, puis
il regarda ce qui avait provoqué ce bruit.

Il alla ramasser le ballot.

Ils passèrent la journée au lit. Liana l'incita à
lui parler de sa vie, de son enfance, de ses rêves.
Elle avait l'impression qu'il s'épanchait pour la
première fois.

Vers le crépuscule, elle émit l'idée d'utiliser
une partie de sa dot pour agrandir le château de
Moray. Horrifié, Rogan en resta sans voix.

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Rogan ouvrit la bouche pour lui dire que c'était
exactement cela, mais son regard changea.

Liana le dévisagea, muette de stupeur, puis elle
lui sauta au cou.

Rogan l'étreignit avec force.

Il grogna.

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tu m'encombres d'une flopée de bâtards aux che-
veux rouges et maintenant tu te proposes de
m'expliquer comment dépenser cet argent qui
m'a coûté tant de peine !

Ils passèrent la nuit dans les bras l'un de l'au-
tre. Avant de s'endormir, Rogan marmonna qu'il
allait réfléchir à d'éventuels travaux. Liana eut
l'impression d'avoir remporté une formidable
victoire.

Quelque chose la réveilla au matin. Rogan était
assis dans le lit, le regard fixé droit devant lui.
C'était un regard de très mauvais augure. Elle se
redressa à son tour. La porte de la chambre était
ouverte. Elle n'aurait su dire pourquoi cette
vision la déprimait autant.

Pas une seule fois, Liana n'avait songé à la
réaction de ses guerriers. Qu'allaient-ils penser
d'un chef qui, à cause d'une dispute avec sa
femme, avait été enfermé dans un cachot ?

Soudain, Gaby se précipita dans la chambre,

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volubile. Apparemment, Severn avait fait courir
la rumeur selon laquelle Rogan avait ordonné
qu'on enferme sa femme avec lui dans ce cachot
afin qu'il puisse la châtier tout à loisir. La réputa-
tion de Rogan était intacte.

A contrecœur, la jeune femme quitta le cachot
avec son mari. Elle avait appris que ce qui était
important pour une femme ne l'était pas néces-
sairement pour un homme. Rogan ne l'avait
jamais trouvée laide.

D'une certaine manière, se disait-elle, c'était
comme si, arrivés devant un pont, ils avaient
réussi à le traverser ensemble. Liana ne voyait
plus aucun obstacle se dresser devant eux.

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Pendant six longues et idylliques semaines,
Liana fut la plus heureuse des créatures de Dieu.
Si Rogan et elle avaient craint les sarcasmes de
ses hommes, ils n'avaient en revanche pas prévu
que ceux-ci seraient on ne peut plus ravis d'avoir
de nouveau d'excellents mets sur leur table et
plus aucun rat dans leur lit et qu'ils se moque-
raient bien de savoir ce qui avait provoqué ce
changement.

Et les changements ne manquèrent pas au châ-
teau. Les hommes, plutôt que de la critiquer ou

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de l'ignorer, saluaient à présent Liana avec res-
pect. Severn redoublait de gentillesse à son égard
et Iolanthe venait dîner avec eux.

Quant à Rogan, son regard la cherchait à cha-
que seconde. Il ne retournait dans sa chambre
noire que pour aller y chercher quelque chose et
passait à présent toutes ses soirées au solarium.
Severn, au lieu de le lui reprocher, commença à
se joindre à eux, ainsi que Zared et Io.

Un beau matin, Liana se rendit compte qu'elle
allait être mère. Elle qui redoutait d'être malade
les premiers temps se sentait dans une forme
éblouissante. Elle avait seulement du mal à ren-
trer dans ses robes.

Elle posa les mains sur son ventre arrondi et se
mit à rêver à un petit enfant aux cheveux rouges.

Gaby avait un panier plein d'herbes sous le
bras.

Liana grimaça. Près du château de son père
poussait une plante qui les soulagerait bien
mieux que celles qu'avait cueillies Gaby. Il en
poussait aux environs du château. A quelle dis-
tance ? Deux lieues ? Quatre ? Avec un bon che-
val, elle pourrait y aller et être de retour avant le
crépuscule. Et, ce soir, tandis qu'elle lui appli-
querait l'onguent, elle annoncerait à Rogan la
venue de l'enfant.

Elle renvoya Gaby. Comment quitter le châ-

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teau ? Rogan lui avait donné des ordres très
stricts : interdiction de franchir les remparts,
même si tous les chevaliers l'escortaient.

Liana baissa les yeux vers sa robe de brocart et
sourit. Fouillant dans un coffre, elle en sortit les
habits de paysanne qu'elle avait revêtus pour
aller à la foire. Il ne lui restait plus qu'à dissimu-
ler ses cheveux, à baisser la tête et à voler un

cheval.

Une heure plus tard, elle galopait vers l'est, gri-
sée de sentir le vent sur son visage. Elle rit aux
éclats en pensant à l'enfant qu'elle portait.

Toute à son bonheur, elle ne vit ni n'entendit
les cavaliers qui surgirent soudain des arbres et
l'encerclèrent.

Liana comprit immédiatement qui étaient ces
inconnus. Richement vêtus, ils avaient l'arro-
gance propre à ceux qui appartiennent à une
puissante maison. Des Howard ! Elle n'avait plus
qu'un espoir : qu'ils ne devinent pas son identité.

Un nouvel arrivant apparut derrière eux, les
tempes grisonnantes. Une sorte de rictus gâchait
la régularité de ses traits.

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d'un ton qui n'admettait pas de réplique. Cette
bête appartient aux Peregrine, il me la faut.

Malgré elle, Liana lui jeta un regard perçant.
Se pouvait-il que ce fût Oliver Howard, l'homme
qui avait enlevé la première épouse de Rogan ?
Elle baissa la tête et voulut descendre de selle,
mais deux hommes la saisirent et profitèrent de
l'aubaine pour la tripoter sans vergogne. Elle se
débattit furieusement... et sa capuche tomba,
libérant sa longue chevelure blonde.

Les bras tordus dans le dos, Liana fut conduite
devant la monture de l'homme. Elle garda les
yeux baissés.

- Regardez-moi ! commanda-t-il. Regardez-
moi, ou vous le regretterez !

D'un air de défi, parce qu'elle ne voulait pas
montrer sa peur, Liana le fixa droit dans les yeux.
Il l'étudia à peine avant de rejeter sa tête en
arrière pour rugir de rire.

Intérieurement, elle tremblait. Quelle serait la
réaction de Rogan lorsqu'il apprendrait sa captu-

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re ? Allait-il croire qu'elle le trahirait comme
l'avait trahi Jeanne bien des années auparavant ?

Abattue, Liana ne résista pas. Ce qui se passait
était entièrement sa faute.

L'homme qui la hissa sur la croupe de sa mon-
ture lui chuchota à l'oreille :

Elle ne prit même pas la peine de répondre.

Liana se dit que Rogan ne croirait jamais
qu'elle l'avait trahi. Mais, au fond d'elle-même,
elle avait peur.

Ils chevauchèrent pendant deux jours. Ils s'ar-
rêtèrent tard dans la nuit et l'attachèrent à un
arbre. Oliver Howard ordonna qu'on poste un
garde.

Oliver ne sourit pas.

Il lui tourna le dos pour gagner une des trois
petites tentes dissimulées parmi les arbres.

Il plut énormément cette nuit-là. Les sentinel
les qui la surveillaient se relayaient toutes les
heures. Elle dut supporter ce déluge toute la nuit.

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Au matin, elle était trempée, frigorifiée et épui-
sée. Elle passa toute la journée dans un état de
semi-somnolence et ne retrouva ses esprits qu'au
coucher du soleil, quand ils arrivèrent en vue de
ce que Rogan nommait le domaine des Pere-
grine.

Ils aperçurent les tours à plus d'une lieue de
distance et, à mesure qu'ils approchaient, Liana
sortit de sa torpeur. Jamais encore elle n'avait vu
forteresse plus imposante. Six tours gardaient le
mur extérieur et le tunnel qui menait à un second
mur d'enceinte.

La seconde enceinte était composée de formi-
dables remparts et de tours d'une taille telle que
Liana les contempla, bouche bée. Derrière, elle
en aperçut d'autres ainsi que des bâtiments aux
toits de tuile.

Ils arrivèrent à un pont de bois enjambant des
douves aussi larges qu'un fleuve. En temps de
guerre, ce pont pouvait être aisément relevé. Ils
franchirent ensuite un second pont de pierre,
puis un troisième en bois avant d'arriver au tun-
nel. Au-dessus d'eux, Liana distingua une multi-
tude de meurtrières par lesquelles on pouvait
déverser de l'huile bouillante sur d'éventuels
assaillants.

Après avoir passé de nouvelles douves, le cor-
tège emprunta un portail flanqué de deux tours
épaisses. Liana vit d'autres meurtrières et les
pointes acérées d'une herse en fer.

Ils débouchèrent sur une immense place her-
beuse. Des maisons solidement charpentées
s'adossaient au mur d'enceinte. Tout, ici, respi-
rait la propreté et la prospérité.

Ils traversèrent encore un tunnel et parvinrent

273

enfin dans une superbe cour intérieure. Les édifi-
ces étaient tous en pierre et des vitres garnissaient
les fenêtres. Des gens s'affairaient en tous sens.

Liana contemplait tout cela, abasourdie.
Jamais, même dans ses rêves les plus fous, elle
n'aurait imaginé pareil endroit. Ainsi, voilà donc
ce pour quoi combattaient les Peregrine. Voilà ce
qui avait causé la mort de tant de .gens depuis
trois générations. Telle était la raison de la haine
des Peregrine pour les Howard.

Elle commençait à mieux comprendre Rogan.
Pas étonnant qu'il méprisât Moray Castle ! On
aurait pu élever trois châteaux pareils avec leurs
remparts dans la seule cour intérieure de celui-
ci.

Oui, c'est bien ici le domaine de Rogan, pensa-
t-elle. Un domaine digne de lui, de sa prestance
et de sa force.

Deux hommes la firent descendre de selle et la
poussèrent à travers la cour vers un escalier en
colimaçon. Au sommet, l'un d'eux déverrouilla
une massive porte en chêne bardée d'acier. Liana
fut poussée dans une petite pièce. Elle distingua
un matelas posé sur un cadre en bois, une table
et une chaise ainsi qu'un cabinet de toilette atte-
nant. Par la seule fenêtre qui donnait vers le
nord, elle aperçut les centaines de mètres de rem-
parts qui encerclaient le domaine et sur lesquels
des hommes en nombre impressionnant mon-
taient la garde.

La tête lui tourna. Elle se sentait épuisée après

274

la nuit qu'elle avait passée attachée à un arbre
sous la pluie. S'ajoutait à cela l'émotion d'avoir
été enlevée. Elle se coucha, s'enroula dans la cou-
verture en laine et ne tarda pas à s'endormir.

Elle se réveilla très tard le lendemain matin.
D'un pas incertain, elle gagna le cabinet de toi-
lette. En revenant, elle éprouva un léger malaise
et se tâta le front. Sa peau lui parut brûlante.
Quelqu'un était venu dans la chambre : il y avait
de l'eau, du pain et du fromage sur la table. Elle
but, mais bouda la nourriture.

Puis elle se mit à cogner sur la porte.

Personne ne répondit.

Elle se laissa glisser sur le sol glacial. Il fallait
qu'elle soit réveillée la prochaine fois qu'on entre-
rait dans la chambre. Il fallait qu'elle parle à Oli-
ver Howard pour le persuader de la relâcher. Si
Rogan et Severn donnaient l'assaut à une telle
place forte, ils courraient à leur perte.

Elle s'endormit. Quand Telle se réveilla, baignée
de sueur, elle était de nouveau dans son lit. Quel-
qu'un était venu. La démarche titubante, elle
gagna la table et but un peu d'eau. Elle était si
faible qu'elle eut du mal à soulever le pot. Elle
s'effondra sur le lit.

On la secouait sans ménagement. Elle ouvrit
les paupières à grand-peine et découvrit Oli-
ver Howard penché sur elle.

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parler des horreurs que j'ai dû faire à cause de
lui.

Ainsi, les Peregrine n'auraient pas le temps de
monter une attaque.

Oliver fit un signe à un de ses hommes. Liana
vit les ciseaux étinceler à la lueur de la chandelle.

Des pleurs brûlants ruisselèrent sur ses joues
tandis que l'homme coupait ses longs cheveux à
hauteur d'épaule.

Une fois seule, elle pleura à chaudes larmes.

« Il ne m'aimera plus, il ne m'aimera plus »,
répétait-elle sans cesse. A l'aube, elle sombra
dans un sommeil agité. Quand elle se réveilla,
elle était trop faible pour aller boire un peu d'eau.
Elle se rendormit.

A son réveil, elle sentit un linge mouillé posé
sur son front.

Liana ouvrit les yeux pourvoir une femme aux

cheveux bruns parsemés de fils gris et au regard
doux.

La femme mouilla le linge et le passa sur le
visage en sueur de Liana.

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La femme esquissa un sourire désabusé.

Jeanne contempla Liana.

Avec un soupir, Jeanne se leva et se dirigea
vers une table où était posé un petit pichet en fer.

Liana, en dépit de sa fièvre et de sa faiblesse,
étudiait Jeanne. Voilà la femme qui était respon-
sable de cette folie ! Elle n'avait rien de très extra-
ordinaire : une taille moyenne, des cheveux
bruns...

Des cheveux ! pensa Liana en levant la main
vers sa nuque. Incapable de se retenir, elle se
remit à pleurer.

Jeanne revint, un gobelet à la main, et la
regarda avec pitié. Elle s'assit auprès d'elle.

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quelque chose. Vos cheveux repousseront. Il
existe des tortures bien pires.

La colère donna des forces à Liana. D'un revers
de la main, elle envoya le gobelet voler à travers
la pièce.

Avec lassitude, Jeanne ramassa le gobelet, le
posa sur la table et revint auprès de Liana.

Jeanne alla jusqu'à la fenêtre. Quand elle se
retourna vers Liana, elle parut plus âgée de plu-
sieurs années.

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Elle observa une pause avant de reprendre
d'un ton moins oppressé :

La colère de Liana se dissipait peu à peu. Les
paroles de Jeanne avaient un accent de vérité.

» Quand j'ai entendu dire que vous aviez mis le
feu au lit de Rogan, j'ai pensé que vous aviez eu
raison. Voilà une façon d'agir qu'il pouvait com-
prendre. Un de ses frères aurait pu en faire
autant.

Liana demeura silencieuse. Elle aussi avait
connu cette impression de ne pas exister. Oui,
elle avait fait ce qu'il fallait avec Rogan, mais en
aurait-elle été capable si ses frères aînés avaient
été là, eux aussi ? Non, se reprit-elle soudain,

279

révoltée, pas question de pactiser avec cette traî-
tresse !

Jeanne se mit en colère.

Jeanne se calma.

280

Liana s'endormit aussitôt.

Elle resta seule pendant trois jours. Sa fièvre
empira dans cette chambre glacée. Elle ne man-
geait ni ne buvait, gisant dans son lit, incapable
de dormir vraiment, frissonnant.

Le troisième jour, Jeanne revint. Liana la dis-
tingua à peine à travers le brouillard qui voilait
son regard.

Liana eut vaguement conscience des bras puis-
sants qui la soulevaient. « Rogan », murmura-
t-elle. Quelques instants plus tard, elle émergea
brièvement de sa léthargie en sentant les mains
douces des suivantes de Jeanne qui la déshabil-
laient, essuyaient la sueur sur son corps et la cou-
chaient sur un moelleux matelas.

Pendant trois jours, elle ne vit que Jeanne et
ne lui adressa pas une seule fois la parole. Puis
le quatrième jour, sa résolution s'effondra. Sa fiè-
vre était tombée, mais elle se sentait sans force.

Jeanne posa son aiguille et se dirigea vers la
porte.

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Jeanne pivota et versa un liquide dans un bol
en bois qu'elle tendit à Liana.

Docile, Liana avala l'amère décoction.

Jeanne pesa ses mots avant de répondre.

Liana en resta pétrifiée.

Liana détourna les yeux pour échapper à la
pitié qu'elle lisait dans le regard de Jeanne.

En vérité, c'était exactement la menace
qu'avait proférée Oliver. Mais Jeanne savait qu'il
ne s'agissait que d'une menace. Elle était furieuse
contre son mari, lui reprochant d'avoir enlevé
lady Liana. Maintenant que Rogan refusait de
mordre à l'hameçon, Oliver ne savait plus trop
quelle décision prendre.

Jeanne lui tendit une robe de velours pour cou-
vrir son corps nu et opta pour la franchise.

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pour demander l'annulation de votre mariage
afin de vous donner à son jeune frère.

Liana refusa de pleurer.

Jeanne lui lança un regard perçant.
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